Le Jeune Barreau de Québec met pleins feux sur l’une des nôtres!

Le Jeune Barreau de Québec a voulu en savoir un peu plus sur la vision de Stéphanie sur des thèmes actuels qui lui tiennent à cœur. Lisez une partie de l’entrevue ci-bas !

Q. Qu’est-ce qui t’a menée à orienter ta pratique vers le domaine du droit des affaires?
R. Au tout début de mes études universitaires en droit, je me dirigeais vers le droit international. Pour moi, le monde des affaires était à l’antipode de mes aspirations de carrière. Je voyais les Walmart de ce monde et je n’avais d’aucune façon envie de participer à leur succès! J’ai toutefois compris qu’il y avait un univers de possibilités autres que Walmart et que derrière ces entreprises, il y avait des gens.
Une fois que je me suis permis d’aimer ce vers quoi j’avais une facilité naturelle, il est devenu clair pour moi que je souhaitais faire du droit des affaires. Par contre, je n’étais alors pas certaine si je souhaitais pratiquer en droit corporatif et commercial ou en litige commercial.
Au cours de ma dernière année d’études en droit, j’ai participé au concours de plaidoirie Pierre-Basile-Mignault et j’ai vécu une superbe expérience. J’ai même décroché le prix du second meilleur plaideur. Par contre, malgré mon intérêt pour la plaidoirie, c’est la pratique en litige qui ne m’interpellait pas. J’aime beaucoup le contexte positif et créatif dans lequel nous travaillons en droit corporatif et commercial, soit d’être au cœur de la réalisation de projets et d’évoluer vers un objectif commun avec la partie adverse.
Q. Est-ce qu’il y a des défis à être une femme dans le monde des affaires, si oui lesquels?
R. Certainement. Le plus grand défi des femmes dans le monde des affaires est de reconnaître sa valeur et de se faire confiance. J’y reviens à la prochaine question!
Un autre grand défi est de conjuguer la maternité et le monde des affaires, particulièrement dans notre milieu. Malgré l’implication des conjoints, il n’en demeure pas moins que les femmes demeurent celles qui vivent la grossesse, l’accouchement et les premiers mois de vie. La pratique privée est exigeante et, quelques soient nos compétences, nous devons être présents pour répondre aux besoins des clients. La compétition est forte et il faut être disponible pour eux. Sinon, ils iront ailleurs. Pour ma part, pour arriver à concilier ma pratique et ma vie personnelle, j’ai opté pour la formation et la mise en place d’une équipe solide qui a été en contact rapidement avec mes clients.
Quand je pense aux défis des femmes dans le milieu des affaires, particulièrement les milieux plus masculins, je pense aussi à celui de la féminité. C’est tout un défi pour une femme dans le monde des affaires d’embrasser sa féminité tout en étant prise au sérieux. Quand on ajoute à cela le facteur jeunesse, on peut penser qu’on n’y arrivera pas. Fort heureusement, les temps changent. Il fut un temps (pas si lointain) où nous nous disions que si un avocat senior ou un client souhaitait nous amener prendre un verre, c’est qu’il ne nous confierait jamais sa business. Il faut se respecter et surtout ne pas mettre sa féminité et sa différence de côté.
Q. As-tu des conseils pour les membres du jeune Barreau et les femmes qui veulent se diriger vers le domaine droit des affaires?
R. J’en aurais deux, le premier est de réaliser que l’on a sa place et se faire confiance et le deuxième, sans contredire le premier, est de rester humble. Ensemble, c’est selon moi le cocktail idéal pour que quelqu’un, jeune ou non, de quelque sexe que ce soit, qui aime le droit des affaires et qui possède les aptitudes, réussisse.
Il est vrai que les femmes sont sous-représentées dans le droit des affaires et, de façon générale, dans le monde des affaires. Toutefois, heureusement, ceci est de moins en moins vrai. Nous avons, en tant que femme, un apport différent et tout aussi enrichissant à fournir. Il faut embrasser la différence, incluant des sexes, pour créer une société plus enrichie. Les femmes, jeunes et moins jeunes, ont donc tout à fait leur place.
Le premier conseil que je donnerais aux femmes qui ont fait le choix de pratique dans ce domaine est celui de prendre conscience qu’elles ont leur place et qu’elles ont tout pour réussir. Cette confiance est nécessaire pour non seulement faire du droit des affaires, mais avoir une pratique stimulante, enrichissante et à la hauteur de son ambition. Malgré ce qui précède, il ne faut pas se cacher que les femmes qui œuvrent dans un domaine typiquement masculin feront face à certains défis. Par contre, avec cette confiance, elles sauront les relever un après l’autre. J’ai d’ailleurs le bonheur de constater que le domaine évolue et que des situations telles que se faire appeler « Maîtresse » par un confrère (oui, cela m’est arrivé!) ne s’est jamais reproduit.
Mon conseil est aussi vrai pour les jeunes, car plusieurs défis se dressent pour ceux-ci. La confiance est un must! Et ce n’est pas parce qu’on est jeune qu’on ne peut pas exceller en droit des affaires. Au contraire, les jeunes doivent réaliser qu’ils apportent un vent de fraîcheur, que leurs connaissances théoriques sont plus récentes que certains de leurs confrères et qu’ils ont une façon différente de voir les choses.
Ceci étant, cela doit se lire avec mon deuxième conseil, soit celui de rester humble. L’humilité apporte le doute constructif et une saine remise en question. L’autre must en droit des affaires! En effet, notre domaine est particulier puisque, comme avocat, notre intervention ne se situe pas après les faits, mais en amont de ceux-ci. Nous devons conseiller de façon à ce que nos confrères en litige n’aient pas de mandat dans le futur (ou le moins possible!).
L’avocat qui veut réussir en droit des affaires doit se méfier des réponses toutes faites ou du fameux « Nous avons toujours fait cela comme cela ». Le moment où l’on cesse de douter, non pas sur nos capacités et notre place dans le domaine, mais sur les réponses et la stratégie appropriée, est celui où l’on doit, selon moi, faire équipe (pourquoi pas avec un jeune) ou céder sa place. La recette toute faite appliquée sans questionnement est notre pire ennemi.
Q. Quelle est ta plus grande réalisation professionnelle jusqu’à maintenant?
R. Ma plus grande réalisation professionnelle à ce jour est celle d’avoir acquis mon indépendance professionnelle très rapidement au cours de ma pratique. C’est un heureux mélange de consécration du temps et de l’énergie à développer mes connaissances et mes compétences ainsi que d’opportunités, avec un brin de chance, qui m’ont mené vers celle-ci. L’indépendance, c’est la liberté.
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